15.04.2006

Quel modèle économique pour ces sites ?

Des business model encore incertains, qui tournent autour de la gratuité et de la publicité... comme Google... et comme avant la bulle ?

En la matière, les modèles sont clairement ceux de Google et Yahoo ! C'est la publicité qui sera la machine à générer de l'argent de l'Internet 2.0...y compris dans le monde physique. Josh Stein explique à ce propos comment un chauffeur de taxi de Washington DC a réussi avec son site, en étant très bien référencé dans Google et en ayant une pratique d'achat habile de mots clés, a développé son business et a multiplié son chiffre d'affaires. Simplement parce qu'il apparaît en tête de liste des requêtes des voyageurs cherchant un moyen de transport pour planifier leurs voyages dans la capitale fédérale !
Sur l'Internet de contenu cependant, le modèle semble moins évident, et les explications honnêtes de notre panel ont bien montré les zones d'incertitudes qui demeurent. La monétisation de l'audience est la vraie difficulté de ces nouveaux business. Difficultés sur lesquelles Internet 1.0 a achoppé. La publicité, qui sera de plus en plus contextuelle et locale sera sans doute une des clés de cette monétisation. Et si la publicité « de masse » sur Internet est inévitablement amenée à baisser en terme de revenus, la publicité ciblée, associée à la recherche de l'internaute, ne va pas cesser de croître. Et sur ce sujet : c'est encore une fois Google le leader...Tous nos panélistes, Yahoo ! compris, semblent adhérer à ce constat.

Quand au micro paiement , qui pourrait permettre de monétiser l'accès à certains contenus ou services, il est tout simplement balayé par Reid Hoffman, le fondateur de LinkedIn, qui a pourtant été un des exécutive Vice President de PayPal dans une vie intérieure....Selon lui, cela ne marchera tout simplement pas... Sauf peut-être pour PayPal. En effet, si le service est très peu cher : alors autant le rendre gratuitement et le financer par la publicité. D'autant que les coûts de traitement liés à la micro transaction demeurent élevés.
Amazon partage cette opinion, en condamnant les entreprises d'Internet 2.0 faisant payer leur service, à demeurer des petites entreprises. Elles pourront être tout à fait rentables, d'ailleurs, mais seront limitées dans leur développement. Le modèle de Skype sert ici de référence...Evoqué avec d'autant plus de plaisir par Josh Stein que c'est le fonds qu'il représente, Draper-Fisher-Jurvetson, qui en est le plus gros investisseur. Le succès de Skype : c'est la gratuité ! Impossible à combattre. Et si les utilisateurs sont prêts à payer un peu pour des services à valeur ajoutée (comme Skype out ou Skype in), c'est parce qu'ils comprennent bien que ces services ont un coût pour l'entreprise...

Et finalement, c'est encore le concept de Long Tail (ou longue queue), développé fin 2004 par Chris Anderson, rédacteur en chef du très respecté magazine de la Silicon Valley Wired , qui est appelé à la rescousse par Josh Stein. Selon Anderson, analyses brillantes à l'appui, le modèle de cet Internet 2.0 ne réside pas dans un marché de masse (avec ces hit parades), mais dans une multitude de marchés de niche, auxquels Internet permet maintenant d'accéder.
Et Microsoft dans tous cela ? Josh Stein sourit en proposant d'aller jeter un oeil sur Live.com . Il précise que ce n'est pas encore terrible ("it stinks..."), mais que les gens de Microsoft ont encore beaucoup de choses à nous apprendre, et qu'il faut vraiment continuer à compter sur eux. A y regarder de plus prêt, il n'a sans doute pas tort.

On ne sait donc pas encore très bien comment cet Internet va permette de gagner de l'argent. On voit ce qui marche, et ce qui marche bien : Google, Yahoo !, Amazon ou eBay. Et, s'appuyant, utilisant et infusant ces modèles qui marchent, on essaye de bâtir toute une économie de contenus et de services. Tout un écosystème en cours de construction, et toujours en grande partie dans la Silicon Valley, même s'il faut désormais compter sur les géants chinois et indiens. D'autant que les investissements initiaux sont beaucoup moins importants aujourd'hui qu'ils ne l'étaient avant la bulle.

Les stratégies d'acquisition d'audience sont mieux maîtrisées, les technologies plus connues et beaucoup moins chères. Le mot d'ordre est donc : soyez créatif... et gratuit ! Eviterons nous ainsi les erreurs du passé pour bâtir enfin des business model qui marchent ? Chiche !


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Melle Laëtitia Driencourt,

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